Augmenter le niveau de féminisme sur toulouse et dans le sud-ouest.

Les infidèles, fidèles au sexisme ordinaire


Publié le mars 13th, par Krystèle dans Blog, On aime pas. Pas de commentaires

Les infidèles, fidèles au sexisme ordinaire

«Les infidèles» est un film français qui fait beaucoup parler de lui. Sa promotion, très sexiste, a fait couler beaucoup d’encre. Malgré une rapide intervention de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), le public ne semble pas donner crédit à la polémique en cours. Une démonstration probante d’un sexisme ordinaire et médiatisé, qui ne choque pas.

Humour… Ou pas ?

La comédie a déchainé les critiques avec sa campagne publicitaire, loin de faire l’unanimité auprès des professionnel-le-s comme des citoyen-ne-s. Les affiches montrent les deux acteurs, Jean Dujardin et Gilles Lellouch, entourés de morceaux de corps de femmes dans des positions plus qu’explicites. Voici l’affiche de parodie créée par l’équipe de la pièce « Arrête de pleurer Pénélope » à côté de l’originale:

L’ARPP décrit ces affiches comme n’étant pas conformes au « respect de la décence et de l’image de la personne humaine ». Quelques jours plus tard, Stéphane Martin, le directeur général de l’organisme, complétait ces déclarations dans les médias, évoquant des images:

« de nature à heurter, à choquer une partie du public, puisqu’elles propagent une image de la femme portant atteinte à sa dignité et à la décence. On est bien dans la présentation d’une image de femme-objet, d’objet sexuel en l’occurrence »

Le 3 février, les affiches étaient officiellement retirées dans toutes les villes de France. L’équipe du film n’a cependant pas cru bon de remettre en cause ce choix d’affiches: tout va bien pour le sexisme ordinaire…

Femme-objet, femme bafouee

Osez le féminisme ! 31 ne dénonce pas ici le caractère sexuel (décent ou non) de ces affiches mais bien leur sexisme outrageant. Le plus dérangeant réside dans le fait que la femme est représentée comme un être morcelé : paire de jambes désarticulées devant Jean Dujardin, tronc partiel de femme, de dos et sans visage, entre les jambes de Gilles Lellouch. Les deux acteurs paradent en compagnie de femmes démantibulées, totalement déshumanisées, interchangeables.

Une opinion publique mitigee : Vie de meuf !

vie de meufMalgré le retrait de la campagne par l’ARPP et les contestations du milieu féministe, le public, interrogé pour « la question du jour » posée par la chaine de télévision M6, reste circonspect face à la polémique. Selon ce sondage, 60% des Français-e-s, affirmaient ne pas trouver choquantes les affiches diffusées. Cette opinion largement répandue démontre l’habitude qui s’est tristement établie en France en termes de publicité, un milieu où l’image des femmes reste majoritairement dégradante. Le public, accoutumé depuis des années à observer des publicités avilissantes pour les femmes, ne s’offusque plus et n’a pas relevé, dans la grande majorité, l’extrême sexisme véhiculé par cette campagne promotionnelle.  Un sexisme devenu ordinaire dénoncé chaque jour sur le blog Vie de meuf et décrypté dans le livre Vie de meuf aux éditions JBZ&cie

Pour OLF31, le film, sorti sur les écrans le 26 février, fait déjà rire de la même couleur que celle que l’on associe au cocufiage : jaune !